Open banking en 2026 : le guide complet
Panorama 2026 de l'open banking en France et dans l'UE : de la DSP2 à la DSP3 et au PSR, FiDA, ACPR, Powens, Bridge, Tink France, paiements A2A, VRP et passage à l'open finance.
Qu'est-ce que l'open banking ?
L'open banking est le cadre dans lequel les banques exposent, via des API standardisées, les données de compte et l'initiation de paiement à des tiers régulés. Le client donne son consentement, la banque reste teneuse du compte, un tiers licencié (TPP) construit par-dessus : une app de gestion de budget, un bouton de paiement, un moteur de scoring, un outil de trésorerie.
Né comme obligation réglementaire sous la DSP2 en 2018, l'open banking est devenu en 2026 la plomberie par défaut de la fintech. En France, Powens (ex-Budget Insight), Bridge by Bankin', Tink France (Visa), TrueLayer et Fintecture dominent l'agrégation et l'initiation de paiement. L'ACPR supervise les agréments, la FBF (Fédération bancaire française) coordonne les standards côté banques.
Consentement au cœur
Explicite, granulaire, révocable. Plafond de 180 jours dans l'UE avant ré-authentification.
Initiation de paiement
Les PISP licenciés déclenchent des paiements directs depuis le compte client, sans carte ni interchange.
SCA
Authentification forte : deux facteurs parmi connaissance, possession, inhérence. Obligatoire pour le consentement et l'initiation.
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Demander une démoCadre réglementaire 2026 : DSP3, PSR et FiDA
Le cadre européen 2026 repose sur trois chantiers parallèles.
- DSP3 et PSR. La Commission européenne a publié ses propositions en 2023. Le Parlement et le Conseil ont trouvé un accord politique provisoire le 27 novembre 2025, et le COREPER a validé le compromis le 23 avril 2026. La DSP3 est une directive (licences et supervision), le PSR un règlement directement applicable (conduite). Après publication au Journal officiel de l'UE (attendue mi-2026), le PSR s'appliquera environ 21 mois plus tard, soit autour de 2028 ; la DSP3 devra être transposée dans chaque droit national, pour une applicabilité visée en 2028.
- FiDA (Financial Data Access Regulation). Étend l'open banking aux comptes d'épargne, d'investissement, aux retraites, aux crédits immobiliers et aux assurances non-vie. C'est le passage formel de l'open banking à l'open finance. Le texte est encore en trilogue en 2026, avec une adoption attendue vers le milieu de l'année et une application progressive à partir de 2027.
- ACPR et pratiques françaises. L'ACPR instruit les agréments AISP et PISP, contrôle la qualité des API (les standards STET et Berlin Group NextGenPSD2 cohabitent en France) et anime le suivi des remontées d'incidents. La FBF coordonne l'interopérabilité côté banques. La Banque de France veille sur les moyens de paiement.
- UK et États-Unis. Au Royaume-Uni, l'open banking piloté par la CMA et Open Banking Limited est mature, avec le paiement récurrent variable (cVRP) en cours de déploiement commercial. Aux États-Unis, la Section 1033 du CFPB, finalisée en octobre 2024, a été suspendue : le CFPB a lui-même demandé son annulation en 2025, la règle a été enjointe par la justice et elle est en cours de réécriture en 2026 (aucune échéance contraignante en vigueur).
Les rôles : TPP, AISP, PISP, CBPII, ASPSP
Le vocabulaire est technocratique, mais les rôles sont simples.
| Rôle | Fonction | Exemples en France et en Europe |
|---|---|---|
| AISP | Prestataire de services d'information sur les comptes. Lit les données avec consentement. | Powens, Bridge by Bankin', Tink France, TrueLayer, Fintecture, Linxo Connect (Oney). |
| PISP | Prestataire d'initiation de paiement. Lance des paiements A2A depuis le compte. | Fintecture, Bridge Pay, Token.io, Trustly, TrueLayer Pay, Swan Pay. |
| CBPII | Émetteur d'instruments type carte avec consultation de la disponibilité des fonds. | Cartes débit découplées, portefeuilles non conservateurs (non-custodial). |
| ASPSP | Banque ou EME teneur de compte exposant l'API. | BNP Paribas, Crédit Agricole, Société Générale, BPCE, La Banque Postale, Revolut, Sumeria (ex-Lydia). |
| TPP | Terme générique pour AISP, PISP et CBPII. | Tous les acteurs agréés par l'ACPR ou passeportés depuis une autorité européenne. |
L'agrément ACPR se passeporte dans toute l'UE. Inversement, un acteur agréé par la BaFin ou la DNB peut opérer en France sur simple notification. La concurrence est réellement européenne.
Briques essentielles : consentement, SCA, VRP
Trois briques sous-tendent chaque cas d'usage.
Consentement
Explicite, granulaire, révocable. Plafond de 180 jours sous la DSP2, maintenu par la DSP3 avec un renforcement des règles d'UX contre les dark patterns.
SCA
Deux facteurs parmi connaissance, possession, inhérence. La DSP3 clarifie la responsabilité en cas de fraude et élargit les exemptions à faible risque.
Paiements récurrents variables
Un consentement unique autorise un flux de paiements futurs dans une limite. Opérationnel au Royaume-Uni depuis 2025, en préparation dans l'UE via la DSP3 et le PSR.
Le VRP est l'alternative à la carte pour les abonnements, les charges récurrentes et les impôts. Les éditeurs SaaS, les assureurs et les fournisseurs d'énergie ont intérêt à recalculer leurs coûts de carte en 2026 : 1,5 à 2 % d'interchange évités grâce au duo A2A et VRP.
Cas d'usage réels en France
Six catégories concentrent le volume réel en 2026 sur le marché français.
Agrégation de comptes
Powens, Bridge, Tink France et Linxo alimentent les apps de gestion (Bankin', Linxo, Sumeria), la compta (Pennylane, QuickBooks) et l'onboarding multibancaire.
Paiements A2A et pay-by-bank
Fintecture, Bridge Pay et Trustly installent le pay-by-bank via virement SEPA Instant. Le virement instantané, dont la réception est obligatoire depuis janvier 2025 et l'émission depuis octobre 2025 (règlement IPR), rend ces paiements compétitifs face à la carte.
Scoring crédit temps réel
Les prêteurs (Younited, Alma, Oney) combinent les données AISP et des modèles ML pour décider en secondes, avec moins de fraude et plus d'acceptations.
Gestion de budget personnelle
Bankin', Linxo, Sumeria et Revolut catégorisent les dépenses, détectent les abonnements et proposent des objectifs d'épargne sur plusieurs banques.
BNPL et financement au checkout
Alma, Oney, Floa et Klarna croisent l'analyse de solvabilité AISP et les encaissements A2A pour baisser le coût de servicing.
Trésorerie PME
Agicap, Pennylane, Qonto et Shine câblent l'AISP pour le cash management multibanque et le rapprochement automatisé.
Open banking, open finance, BaaS, finance embarquée
Les quatre termes sont systématiquement confondus, y compris dans les pitchs.
| Notion | Définition | Ancrage réglementaire |
|---|---|---|
| Open banking | Les banques exposent les données de compte et l'initiation de paiement à des tiers régulés, avec consentement. | DSP2, DSP3 et PSR (UE), CMA Open Banking (UK), Section 1033 (US). |
| Open finance | Étend la même logique à l'épargne, l'investissement, la retraite, le crédit immobilier et l'assurance non-vie. | FiDA dans l'UE. |
| Banking-as-a-Service | Une banque licenciée loue via API ses capacités régulées à des non-banques qui lancent des produits sous leur marque. | Licence bancaire ou EME du prestataire. |
| Finance embarquée | L'expérience utilisateur de produits financiers intégrés dans un produit non financier. | Dépend du produit (BaaS, assurance, entreprise d'investissement). |
Règle de lecture : l'open banking lit et paie sur des comptes existants, le BaaS en crée de nouveaux, l'open finance étend la logique au reste de la vie financière, la finance embarquée est ce que l'utilisateur voit.
Chiffres marché 2026
Ordres de grandeur, selon les estimations sectorielles disponibles début 2026.
Deux dynamiques portent ces chiffres. Un : le virement instantané, obligatoire à l'émission depuis octobre 2025, rend les paiements A2A compétitifs face à la carte dans le retail. Deux : FiDA normalise l'accès automatisé à l'épargne, à la retraite et à l'immobilier, ouvrant des cas d'usage largement au-delà du compte courant.
L'écosystème en 2026
L'open banking 2026 est un stack en couches. Cartographier qui fait quoi évite des mois de sélection fournisseur.
Comment Crassula s'intègre
L'open banking est une obligation pour toute banque et tout EME, un levier compétitif pour toute fintech. Les deux camps ont besoin du même outil : une plateforme qui parle les standards, orchestre le consentement et la SCA, se branche aux bons agrégateurs et livre le produit client par-dessus.
Crassula est la couche d'orchestration et de produit. Nous fournissons le ledger, le KYC, le provisionnement d'IBAN, le programme cartes, le routage des paiements et le back-office admin, avec des API DSP2 et DSP3 prêtes en versions STET et Berlin Group NextGenPSD2. Branchez Powens, Bridge, Tink, TrueLayer ou Yapily pour l'agrégation, ou devenez vous-même ASPSP avec Crassula. Vous livrez un produit de marque en semaines et non en années.
- Pour les banques et EME : API prêtes pour la DSP3, tableau de consentement, orchestration SCA, surfaces de données prêtes pour FiDA.
- Pour les fintechs et les marques : onboarding adossé à l'agrégation, flux A2A et VRP, hooks de scoring de solvabilité.
- Pour les équipes cross-border : une intégration pour le passeport UE, l'open banking britannique et la Section 1033.
Références
- Règlement sur les paiements instantanés (IPR) - Banque centrale européenne : ecb.europa.eu.
- Paquet DSP3 / PSR et FiDA - Commission européenne (services financiers) : finance.ec.europa.eu.
- Agréments AISP et PISP - Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) : acpr.banque-france.fr.
- Section 1033 (open banking aux États-Unis) - Consumer Financial Protection Bureau : consumerfinance.gov.
FAQ
Le dispositif qui permet, avec votre consentement explicite, à un tiers licencié d'accéder à vos données de compte ou de déclencher un paiement depuis votre banque. La banque reste teneuse du compte, le tiers construit un produit dessus : gestion de budget, pay-by-bank, scoring, trésorerie.
La DSP3 règle les licences et la supervision (directive), le PSR harmonise la conduite (règlement directement applicable). Accord politique provisoire le 27 novembre 2025, compromis validé par le COREPER le 23 avril 2026. Ils durcissent la responsabilité en cas de fraude et l'UX de la SCA, et relèvent les exigences de qualité des API côté banques. Publication attendue mi-2026, application échelonnée autour de 2028.
La Financial Data Access Regulation étend l'open banking à l'épargne, l'investissement, la retraite, le crédit immobilier et l'assurance non-vie. C'est le passage formel à l'open finance dans l'UE : agrégation retraite, comparateurs d'assurance, portabilité du crédit immobilier. Encore en trilogue en 2026, application progressive à partir de 2027.
TPP est le terme générique pour les tiers régulés. Les AISP lisent les données, les PISP initient des paiements, les CBPII consultent la disponibilité des fonds. En France, l'ACPR instruit l'agrément, qui se passeporte ensuite dans toute l'UE.
Powens (ex-Budget Insight) et Bridge by Bankin' pour l'agrégation et l'initiation. Tink France et TrueLayer pour l'agrégation multibanque. Fintecture et Swan Pay pour le pay-by-bank. Bankin', Linxo et Sumeria (ex-Lydia) côté grand public. Qonto, Shine et Pennylane côté PME.
Non. L'open banking lit et paie sur des comptes existants. Le Banking-as-a-Service loue une licence bancaire pour qu'une non-banque émette ses propres comptes, cartes ou crédits. Les stacks fintech modernes utilisent souvent les deux.
Variable Recurring Payments : un consentement unique autorise une série de paiements futurs dans une limite. Déjà déployé commercialement au Royaume-Uni depuis 2025. En préparation dans l'UE sous la DSP3 et le PSR. Il remplace le prélèvement et la carte dans les modèles d'abonnement.
Crassula apporte la plateforme avec des API DSP2 et DSP3 prêtes, l'orchestration du consentement et de la SCA et des intégrations vers Powens, Bridge, Tink France, TrueLayer et Yapily. Banques, EME et fintechs livrent un produit de marque en semaines au lieu de reconstruire toute la couche réglementaire.